Le portrait des organismes communautaires Maria-Chapdelaine

Les besoins de la population excèdent la capacité des organismes communautaires du milieu

Face à la croissance et à la complexification des besoins de la population, une majorité d’organismes communautaires membres de la Corporation de développement communautaire (CDC) Maria-Chapdelaine sont désormais contraints de refuser des demandes. C’est ce que révèle une nouvelle étude réalisée par la CDC, en collaboration avec les étudiants au doctorat professionnel en santé publique de l’Université de Montréal.

« Nous savions que le milieu communautaire est sous pression. Le mouvement Le communautaire à boutte l’a bien exposé, mais nous souhaitions avoir un portrait local de la situation, appuyé par des données. Malheureusement, le résultat est clair : faute de ressources suffisantes, nos organismes ont de plus en plus de difficulté à répondre à l’ensemble des besoins de la population. À l’approche des élections québécoises, nous espérons que ces chiffres contribueront à convaincre nos élus de l’importance de mieux soutenir le milieu communautaire », souligne la directrice générale de la CDC Maria-Chapdelaine, Cindy Migneault.

Des besoins en hausse

La grande majorité des organismes sondés (89 %) rapportent une hausse des demandes au cours des deux dernières années. Cette augmentation s’accompagne d’une complexification des besoins : la majorité des organismes observent des changements dans la nature des demandes (69 %) et des modifications dans le profil des usagers (58 %). À titre d’exemple, notons le recours de plus en plus fréquent aux banques alimentaires par des familles dont les deux parents occupent un emploi. Résultat des courses : pas moins de 92 % des organismes indiquent que la demande est désormais supérieure à leur capacité d’intervention.

 

« Les organismes communautaires vivent les conséquences d’une situation économique précaire dans la région. Les personnes et les familles vivent à la fois la hausse du coût de la vie, la crise du logement, la précarité des emplois, la montée de l’anxiété et j’en passe. Nous constatons aussi une augmentation marquée des références provenant du CIUSSS, des milieux scolaires et du réseau médical. Il vient un temps où, malgré toute la bonne volonté des organismes, le département des miracles ne suffit plus à la demande », explique Mme Migneault.

Des ressources limitées

Devant cette hausse des besoins, la majorité (54 %) des organismes répondants rapportent avoir dû refuser certaines demandes ou orienter des personnes vers d’autres ressources, faute de capacité interne suffisante. 2 organismes sur 5 (39 %) mentionnent également maintenir une liste d’attente pour leurs services. Parmi ceux-ci, 60 % indiquent que les délais d’attente se sont allongés au cours des deux dernières années.

 

Dans le contexte, 85 % des organismes sondés affirment avoir dû réorganiser leurs services, leurs priorités ou leurs équipes au cours des deux dernières années. Un organisme sur cinq (19 %) rapporte quant à lui avoir dû abolir des postes au cours de la même période, faute de financement adéquat.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé sous la supervision des étudiants au doctorat professionnel en santé publique de l’Université de Montréal, dans le cadre de l’enquête Le portrait communautaire de Maria-Chapdelaine. La collecte a eu lieu du 4 au 30 novembre 2025, via un questionnaire transmis à l’ensemble des 48 organismes membres de la CDC Maria-Chapdelaine. Plus de la moitié des organismes membres ont participé au sondage.

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